Il y a quelque temps, il y a eu un sacré coup de hasard que je vais raconter ici, mais ce coup de hasard m’en a rappelé un autre, plus ancien, et je vais commencer par celui-là.
Je suis né à Neuilly Plaisance, dans le 9-3 qui à l’époque d’ailleurs, s’appelait toujours le 78. J’ai grandi en partie à Neuilly sur Marne puis en Bretagne (Dinan, Lanvallay et un peu Saint-Malo)
J’ai roulé un peu ma bosse à droite et à gauche : parti de chez mes parents à presque 17 ans puis pour Israël avec un aller simple à un peu plus de 18 ans. De là, je suis allé, toujours en aller simple et les mains dans les poches, au Danemark (j’avais rencontré une Danoise en Israël) où j’ai vécu presque 20 ans.
Lorsque je suis arrivé au Danemark, j’avais presque 20 ans, il m’a fallu trouver un travail afin d’avoir des sous et une immatriculation (un peu genre numéro de sécu). J’habitais chez les parents de ma petite amie, à Gadevang.
Gadevang est un petit village aux environs de Hillerød. Il y a 407 familles qui regroupent 1 127 habitants, alors vous voyez… Ce n’est pas grand !
Mon premier emploi était dans une scierie, Selskov Savværk : je déplaçais et je mettais en place quelques tonnes de bois par jour. Pas besoin de parler danois pour ça !
Une fois passés les premiers jours, mon employeur m’a donc demandé certaines informations afin de me déclarer aux fins d’immatriculation. Il m’a, entre autres, demandé où j’étais né.J’ai écrit ces informations sur un papier et par hasard, je me suis trompé, j’ai mis que j’étais né à Neuilly sur Marne au lieu de mettre Neuilly Plaisance (je me souviens mieux de Neuilly sur Marne).
Je lui ai tendu ce papier, il l’a lu et tout étonné, il m’a dit (en anglais) :
- Tiens, amusant, je connais bien Neuilly sur Marne.
- Tu connais ? (on se tutoie tous au Danemark.)
- Oui, il y a un terrain de camping où nous avons passé nos vacances dans les années 1968 – 1969 (j’avais alors 5/6 ans).
- Le terrain de camping ? Il était sur un terrain qui avait appartenu à mon grand-père. Sa maison était en bas de la rue. J’y étais souvent.
- Oui, on remontait la rue et on passait le fleuve (la Marne), le camping était de l’autre côté.
- Exact, il y avait des pontons installés sur la marne et c’était une piscine, on pouvait s’y baigner sans attraper de pustules à l’époque.
- Oui, quel hasard quand même.
- Oui (la profondeur de cette remarque n’échappera à personne).
- On ne trouvait pas et on a demandé notre chemin à un petit garçon qui était aux environs et qui jouait. Il nous a répondu « sur le pont », j’étais tout fier de pouvoir converser en français.
J’ai alors accusé le coup. Je l’ai regardé et je lui ai demandé :
- Dis-moi, tu n’avais pas une grosse voiture verte à l’époque ?
Sa femme et lui se sont regardés un instant en cherchant un peu.
- Attends, oui, si, nous avions la Volvo verte à cette époque.

Eh oui… Le petit garçon à qui ils avaient demandé le chemin un beau jour d’été à Neuilly sur Marne, c’était moi. Là, je suis devant la maison de mon grand-père, avec mon tricycle rouge. Au bout de la rue, derrière moi, se trouvait l’écluse (sur la droite) et de l’autre côté un peu plus haut, ce fameux camping. Je suis plus jeune sur cette photo que lorsque cette affaire s’est produite. La photo date de 1965/1966.
Marrant le hasard, hein ?
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