Avant-hier, le 24 septembre, c’était notre anniversaire de mariage.
Nous avons réservé une table pour 19 h aux ” Pierres Fondues “ un de nos restos préférés à  Tours (rue Colbert €” je vous le conseille fortement).
Avant, nous devions amener notre fille, Sacha, à  l’internat (elle va au lycée à  Tours).
J’empile donc la petite famille dans la Skoda et « allez », en route pour Tours.
Une fois arrivés à  l’internat, il nous faut attendre devant la porte plus d’une heure. Ils ont changé les heures d’ouverture de 19 h à  20 h et personne n’était prévenu.
J’ai profité du temps d’attente afin de faire demi-tour à  la voiture €” demi-tour parfaitement illogique d’ailleurs, car il pleuvait et je voulais amener la portière passager plus proche de ma femme afin qu’elle n’ait pas à  faire le tour, mais bon… Par erreur la voiture s’est retrouvé le côté chauffeur orienté du côté de ma femme qui attendait avec Sacha dehors.
C’est là  que ma femme a vu que le pneu arrière côté chauffeur était pratiquement à  plat. La voiture avait chassé pas mal sur le côté tout le chemin, mais je croyais que c’était la pluie qui faisait glisser la voiture.
Comme de toute façon, il fallait attendre devant la porte de l’internat et comme cela ne me prendrait pas plus d’un petit quart d’heure à  faire, j’ai déplacé la voiture sur le parking, tout près, le sol était composé d’asphalte avec des graviers dessus, et j’ai sorti le matériel du coffre : cric, tournevis, roue de secours.
Le cric était un peu bizarre et j’ai mis quelques minutes à  comprendre la façon dont il fonctionnait.
J’ai fini par caler le cric sous la voiture et à  la remonter. J’ai fini d’enlever les vis de la roue, j’ai tiré sur la roue, je l’ai mise sur le côté et le cric a glissé et la voiture est tombée. Elle s’est retrouvée sur le moyeu de roue.
Le sol, que je croyais composé d’asphalte était composé de terre et le cric avait glissé.
Chaque fois que j’essayais de remettre le cric et de remonter la voiture, il y avait deux résultats possible : 1) Le cric glissait encore une fois, creusant un trou plus profond dans la terre et me saccageant le côté de la voiture ou 2) la voiture elle-même glissait sur le côté et se déplaçait en crabe, prenant direction vers une voiture garée juste à  côté.
Dans cette voiture, deux personnes qui me regardaient curieusement, tout en chantant sur de la musique dans la voiture. Une chanson qui parlait de solidarité.
Bon. Rien d’autre à  faire. Il me fallait appeler une dépanneuse. Nous étions dimanche soir. La soirée avait l’air d’être rapé et nous n’avions pas trop le choix.
Une dépanneuse ? Mais comment ? Nous n’avions que nos portables. Bon… C’est un truc avec 118 si je me souviens bien et après il faut faire d’autres chiffres. On verra bien. Je fais donc le 118 et j’attends. Là  , un répondeur me dit qu’il me faut faire 118 et 3 autres chiffres, mais ne me les donne pas. à  € moi de deviner les possibilités…
Comme au loto en gros : 118 118 ? non.
118 018 ? que tchi.
118 012 ? Niet!
J’ai fini par téléphoner à  une amie à  Amboise qui avait un portable et à  qui un de ses copains à  pu dire qu’il me fallait faire le 118 218.
Chose faite.
Là  , on me donne le numéro de Dépannage Auto Touraine (Bougard et Fils). Je leur explique le problème et ils me disent que je dois attendre deux heures… Ben oui…
Les problèmes commencent lorsque je leur dis où me trouver : en face du lycée Grandmont. La description n’est pas suffisante. Il y a apparemment plusieurs entrées au lycée et lorsque je décris à  Bougard et Fils où je me trouve, celui-ci me demande un nom de rue, car d’après lui, je me trouvais sur la nationale… Cela n’en avait pas trop l’air et c’est ce que j’ai essayé d’expliquer au bon Bougard.
Mais il n’y a malheureusement aucun nom de rue aux alentours. Rien. Je ne puis que lui répéter que je vois l’entrée du lycée Grandmont.
Bougard et Fils me dit quelque chose du genre « on verra dans deux heures ! » et me raccroche au nez.
Je rappelle, quand même assez offusqué qu’il n’ait même pas pris la peine de noter mon numéro et celui-ci m’explique qu’il a habité huit ans dans le quartier. Qu’il le connaît parfaitement et donc que je ne suis pas où je suis et que je pourrais le rappeler lorsque je saurais où je me trouve.
Je vous rappelle que cette conversation eut lieu, bien entendu avec mes mains pleines de cambouis et sous une pluie battante.
Là  , je dois dire que j’ai été malpoli et que je lui ai raccroché au nez. La moutarde commençait à  monter au mien et je ne désirais pas me mettre en colère. Cela n’aurait pas résolu mon problème.
(Depuis nous avons vu sur le net que l’adresse était 6 avenue de Sévigné €” donc pas de nationale)
Alors ? Que faire ? Aller à  pied jusqu’à  un hôtel ? Y passer la nuit et trouver un dépanneur sympa demain ? Faisable, mais cher.
Y’a pas !
Persévérant comme je le suis (ma femme dit que cela vient de mon ascendant taureau), j’ai repris le cric en main, jaugé la situation. Agrandis un des trous faits précédemment par le cric. Calé le cric dedans et commencé à  remonter tout en retenant le cric avec mon pied pour éviter qu’il glisse…
La voiture se soulève. Un centimètre. Deux. Trois.
Ma femme va prendre quelque chose sur le siège passager :
€” Non chérie, surtout ne touche à  rien !
J’avais l’impression que même une mouche se posant sur la carrosserie du mauvais côté ferait tout tomber.
Quatre. Cinq.
La voiture continue à  se soulever pendant que je n’ose plus respirer.
Lentement. Doucement. Surtout pas brusquer. Tout doux. Tout doux.
La voiture me paraissait suffisamment haute.
Je prends la roue de secours et je vais pour la mettre sur le moyeu… Il manque encore un centimètre.
Un coup de cric.
Deux.
Je repositionne la roue.
Il manque encore quelques millimètres.
Les parents arrivent avec leurs enfants au lycée. Je n’entends pas un bruit.
La “radio solidarité” d’à  côté joue toujours et les deux gars à  l’intérieur chantent à  tue-tête : “solidarité, solidarité.”
Mais les sons n’arrivent pas jusqu’Ã Â moi.
En ce moment, je puis entendre la vis du cric couiner. Je peux entendre le bruit des autres pneus sur le gravier et rien d’autre. Encore quelques millimètres sans tomber.
Je refais un essai.
Encore deux millimètres.
Un coup de cric.
Deux.
Repositionnement…
La roue entre.
Vite ! Les vis !
Une, deux, trois, quatre…
Vis resserrées, je fais redescendre la voiture lentement tout en rayonnant de bonheur ! Hourra ! La soirée est sauvée.
Les deux gars de la voiture solidarité sortent de leur véhicule et me regardent d’un visage sans expression.
La pluie est arrêtée.
J’ai les mains noires jusqu’aux coudes, les ongles bien noirs. Je balance la vieille roue, le cric et autre dans le coffre et allez !
En route pour les Pierres Fondues.
Nous arrivons une heure et demie en retard, mais notre place est là  . Pendant que je vais me laver les mains, le serveur nous offre l’apéro afin de nous aider à  nous remettre de nos émotions. La soirée est merveilleuse. Nous sommes détendus.
Quelle superbe expérience !
Mais si ! Regardez bien :
Généralement, je ne vais pas accompagner Sacha à  l’internat, ma femme le fait. Si je n’avais pas été là  , aurait-elle vu la roue ? Elle ne sait pas changer une roue.
”Si le lycée n’avait pas ouvert ses portes plus tard, nous n’aurions pas vu cette roue et cela aurait pu très mal finir.
€”Si le dépanneur avait été plus sympa, nous serions rentrés et nous aurions fêté notre anniversaire de mariage sous la pluie dans la voiture à  trois roues (car je n’aurais sûrement pas réessayé de remonter la voiture) puis à  la maison.
”Si j’avais laissé tomber, même cas de figure.
”Je devais aller au Havre. Ce voyage n’a pas pu ce faire. Quel coup de chance ! à  130 à  l’heure un pneu dans cet état… Quelle retombée aurait-il pu avoir ? Car l’air de ce pneu est parti petit à  petit.
€” Grâce à  cette mésaventure, la Pierre Fondue nous a offert l’apéro et même un pichet de vin.
€” J’ai compris ce que les gens veulent dire par « solidarité ».
En fin de compte… Une merveilleuse soirée que nous nous souviendrons comme une expérience positive avec un dénouement superbe.
D’après moi, on peut tirer parti de toute situation. Il faut néanmoins garder son sang froid. Ne pas perdre de temps en colères et en paniques et surtout savoir que cela aurait toujours pu être pire !
C’est beau la vie, non?











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